Maison du Jazz en Hainaut

29 septembre 2000 - 16 h

Ouverture officielle de la Maison du Jazz en Hainaut


Journal "Le Soir" - page 16 - lundi 2 octobre 2000 - Thierry Vanderhaege

MONS La passion du trompettiste Albert Langue enfin logée. Plus de 5.000 disques dans la boîte de jazz

On n'y croyait plus à cette maison du jazz, pourtant elle est belle... et bien là. Pas vraiment où on l'y attendait puisqu'au départ l'îlot de la Grand-Place avait été pressenti pour accueillir ce nouveau temple musical. Finalement, la Ville de Mons a libéré l'ancienne conciergerie de la Machine à Eau sur le boulevard Dolez. A l'état de ruine ou presque jadis, la petite demeure respire aujourd'hui le frais, le propre et la lumière grâce aux efforts conjoints du service communal de la culture et de la Régie foncière.

Un million de francs au total fera vivre l'ASBL «Maison du jazz en Hainaut»sur les deux prochaines années. Une employée, musicologue de formation, animera les lieux en journée tandis qu'un système d'alarme montera la garde la nuit venue. La rénovation soignée renforce le caractère convivial et évite de se perdre dans un inutile dédale que même des notes de musique n'arriveraient pas à combler.

Les cheveux gris, mais les yeux plus pétillant que ceux des gamins, Albert Langue et Luc Mairesse ne dissimulent pas leur joie. Il ne s'agit pas d'un musée, plutôt d'un centre d'information et de documentation, souligne par ailleurs le duo. L'un et l'autre connaissent leur affaire. Albert Langue souffle dans sa trompette depuis des décennies en compagnie de ses inusables Dixies Stompers. Celui qui fut aussi le chef de cabinet de Léo Collard et d'Abel Dubois a beaucoup fréquenté Sidney Bechet à qui il refila l'air du doudou. Finaude, la star américaine le grava sur disque avant d'en faire un tube mémorable dans les années cinquante. La Nouvelle-Orléans, patrie du jazz, n'a toutefois pas oublié d'ériger le musicien montois au rang de citoyen d'honneur.

LES LUPANARS DE STORYVILLE

Luc Mairesse a, lui, plutôt tâté du piano tout en animant le Jazz Club de Binche. C'était l'époque où la région du Centre swinguait sans se soucier d'autre chose. L'homme avait émis voici cinq ans l'idée d'une maison du jazz. Il en assume à présent la direction alors que son compère Langue la présidera fier de son inépuisable abattage en la matière.

Que trouve-t-on au sein du nouveau centre culturel? Tout d'abord pas moins de 5.000 disques: issus de la collection Jean Leclere, ils adoptent le format du 33, 45 ou 78 tours. Des photos, affiches et manuscrits de copies d'enregistrement célèbres s'exposent aussi en nombre. Et avant de parcourir les très belles cimaises du premier étage, le visiteur empruntera un lecteur de compact disc portable qui le replongera par exemple dans l'ambiance glauque de Storyville, ce quartier de la Nouvelle-Orléans où presque chaque lupanar cachait un jazzman de génie.

Attention toutefois, rien ne sortira des quatres murs de la maison montoise: On peut par contre copier des oeuvres introuvables dans le commerce. Nous voulons à la fois conserver et diffuser, complètent Langue et Mairesse.

Agenda

Réservé au comité