Maison du Jazz en Hainaut

En cette période de confinement, notre ami Michel Mainil nous prépare chaque un jour un petit billet avec des nouvelles, des évènements insolites ou encore des réflexions sur le Jazz.


27 mai 2020 - Airelle Besson, la trompette au service de l'émotion et du lyrisme

Voici une trompettiste parisienne, frôlant la quarantaine, qui devrait retenir toute notre attention.

Après des études classiques de violon et de trompette au Conservatoire, de musicologie à la Sorbonne, elle sera ensuite formée au jazz par Roger Guérin, autre trompettiste français à la stature internationale.

Après avoir décroché nombre de prix et distinctions, elle entamera une carrière au sein de nombreux projets dont l'Orchestre National de Jazz et le Big Band Lumière de Laurent Cugny.

Lors d'un séjour à New York où elle voulait entrer à la Juilliard School (qui ne l'a pas admise), elle a néanmoins pu prendre un cours privé avec Wynton Marsalis. Elle confie que cet échange relevait plus de la philosophie que de la pratique de l'instrument. Il lui a quand même demandé de lui jouer un solo de... Charlie Parker !

Musicienne très éclectique, elle est aujourd'hui une trompettiste très demandée dans les musiques actuelles.

Autour de Chet Baker avec Camélia Jordana : https://www.youtube.com/watch?v=U0wg4GJWGQM

Festival de Marciac en 2017 : https://www.youtube.com/watch?v=Mj8GSEyZxiM

Autour de Chet Baker avec Sandra Nkake : https://www.youtube.com/watch?v=q4ZrngTCDjg


26 mai 2020 - Jimmy Cobb nous a quittés

Il était le dernier musicien en vie du légendaire Kind of Blue de Miles Davis. Il s'est éteint ce 24 mai dans son domicile new-yorkais. Il était âgé de 91 ans.

Le 17 août 1959, le trompettiste Miles Davis publiait sur Columbia Records l’album Kind of Blue. Cet enregistrement est toujours considéré comme le plus important dans l’œuvre de Miles Davis.

Album de jazz le plus vendu de tous les temps, premier Disque d’Or du jazz, Kind of Blue est reconnu comme l’un des albums les plus importants de l’histoire du jazz.

Comme à l’habitude, Miles a eu la clairvoyance de le proposer au bon moment. D’un côté, une génération de musiciens n’en avaient pas fini avec la tradition et, de l’autre, des créateurs d’avant–garde tentaient avec plus ou moins de bonheur d’ouvrir de nouvelles portes.

Miles Davis, entouré de ses pairs, allait à nouveau se distinguer en ouvrant une nouvelle voie, celle du jazz modal. Plus de quarante ans après les deux séances d’enregistrement, ce disque est de loin considéré comme un tournant dans l’histoire du jazz. C’était un moyen de s’écarter des compositions denses de l’époque, d’opter pour un retour à la mélodie…

Batteur au jeu subtil, on retiendra à coup sûr son travail unique sur la cymbale et une imperturbable pulsion qui, toujours, aura porté bien haut les solistes qu'il accompagnait.

RIP Mr. Jimmy Cobb.

Miles Davis TV Show on So What : https://www.youtube.com/watch?v=zqNTltOGh5c

Jimmy Cobb's So What Band : https://www.youtube.com/watch?v=x91QlOB4iZ0

Concert au Dizzy's Club 2019 (90 ans !) : https://www.youtube.com/watch?v=OOXDSQnYLDs&t=595s


25 mai 2020 - Tubby Hayes, victime collatérale des Beatles

Considéré longtemps comme l'un des plus grands musiciens de jazz en Grande-Bretagne, ce saxophoniste, bien qu'il fut prolifique tout au long de sa courte vie, est un peu oublié aujourd'hui.

Professionnel dès l'âge de 15 ans, il deviendra rapidement une référence dans le domaine du hard bop. Après avoir beaucoup joué et enregistré en Angleterre, il entamera une carrière américaine. On peut l'entendre sur quelques disques où il s'est entouré d'excellents partenaires comme Clark Terry, James Moody, Roland Kirk.

Bien que son jeu soit influencé par Hank Mobley, Frank Foster et Sonny Rollins, son style est néanmoins assez unique et reconnaissable.

Cependant, l'Angleterre des années '60 verra l'arrivée des Beatles et leur succès planétaire, du reste bien mérité. La polarisation qu'ils susciteront feront entrer le jazz britannique dans la marge. Tubby Hayes n'en sera pas épargné. Suite à des problèmes cardiaques, il disparaîtra en 1973, à peine âgé de 38 ans.

Suddenly last tuesday : https://www.youtube.com/watch?v=JzXslx1loo0

In the night avec son big band (Tubby Hayes à la flûte) : https://www.youtube.com/watch?v=hV0F1fvviKQ

Round about Midnight : https://www.youtube.com/watch?v=F8aMmNDKZLw

Enjoy !


24 mai 2020 - Happy Birthday Mr. Archie Shepp !

Archie Shepp fête aujourd'hui ses 83 ans. Plus que jamais actif, il sort ce mois-ci son dernier-né : Ocean Bridges sur le label hip-hop Redefinition Records. Entouré du rappeur Raw Poetic (son neveu) et du graffeur/batteur/DJ/producteur Damu the Fudgemunk, Shepp s'est complètement investi dans ce projet où jazz et hip-hop sont étroitement mêlés sans pour autant s'isoler dans l'une ou l'autre catégorie.

Shepp n'est pas à son coup d'essai dans le genre. Auparavant, il a déjà collaboré avec les rappeurs de Public Ennemy et, récemment, avec le français Nekfeu, rappeur et militant anti-raciste, malgré la polémique qui l'oppose à Charlie Hebdo.

Voici donc une nouvelle étape pour ce saxophoniste bouleversant qui, durant toute sa carrière, s'est toujours remis en question. De ses débuts où il militait pour le mouvement "free jazz - black power" jusqu'à son engagement pour la cause gnawa, cet incendiaire avisé, héritier de Coltrane, arborant souvent costume, cravate et chapeau, n'a pas fini de nous étonner.

Happy Birthday Mr. Archie Shepp !

Enregistrement du single avec Raw Poetic : https://www.youtube.com/watch?v=s7y_12g6ikI

Avec les Gnawa de Tanger : https://www.youtube.com/watch?v=-2L7-HSipco

Sur God Bless the Child : https://www.youtube.com/watch?v=fNT0MPIG6ss

Enjoy !


23 mai 2020 - Con alma

La carrière de Dizzy Gillespie est en pleine apogée be bop en 1954, lorsqu'il écrit Con alma, morceau au feeling latino composé d'harmonies plus instables que celles utilisées fréquemment dans les standards.

Rappelons que dès la fin des années '40, Dizzy, est très attiré par les musiques latino, surtout afro-cubaines, grâce à sa rencontre avec le percussionniste Chano Pozo avec qui il cosignera Manteca, autre modèle du genre.

Son attrait et son expérience dans cette musique créera même un paradoxe. En 1956, il sera mandaté par le Gouvernement Américain pour faire découvrir le jazz au Moyen-Orient et... en Amérique du Sud !

L'écriture de Con alma est remarquable sur le plan de la composition : la fluidité de la mélodie se pose à merveille sur une suite d'accords inhabituelle pour l'époque, laissant ainsi se dégager un lyrisme saisissant. La mélodie ne demandait plus que des paroles. Ce fut chose faite avec Claude Nougaro dans Hymne.

La version originale de Dizzy : https://www.youtube.com/watch?v=hLUyVyM626A

Hymne de Claude Nougaro : https://www.youtube.com/watch?v=M6qOCQwH7Qw

Le lyrisme de Stan Getz dans le film Les Poupées de Dino Risi (1967) : https://www.youtube.com/watch?v=BoWWvDLkfzE&t=205s

Enjoy !


22 mai 2020 - Jimmy Greene ou quand tragédie rime avec espoir...

Saxophoniste très actif sur la scène américaine depuis les années '90, Jimmy Greene est une victime malheureuse de la politique des armes en vente libre aux Etats Unis. "La Bible dans la main gauche, une arme dans la droite". Des millions d'américains suivent encore aujourd'hui ce précepte.

En 2012, Ana Grace, fille de Jimmy Greene, est victime d'une fusillade dans l'Ecole élémentaire de Sandy Hook qui fera 28 morts. Elle avait à peine 6 ans...

Au fil des albums qui vont suivre, Jimmy Greene va peu à peu entamer un acte de résilience. Le chagrin va faire place à la confiance en l'homme et à l'espoir d'un monde meilleur.

Son dernier CD "While looking up" vient de sortir. Entre amour et optimisme, cet album est une immense preuve d'humanisme.

Extrait :"I wanna dance with somebody who loves me" : https://www.youtube.com/watch?v=jsan1dtU0Ew

En hommage à Ana Grace : Ana's Way : https://www.youtube.com/watch?v=r0SF4Ja3tOk

Beautiful life : https://www.youtube.com/watch?v=S9yZbVd6EhQ


21 mai 2020 - Laura Sevian, The Lady of Baritone Sax

L'édition 2020 des Grammy Awards révèle de grands talents de la nouvelle génération de Jazzwomen. Dans la catégorie des sax baryton, la palme de cette année revient à Lauren Sevian.

Cette artiste de 40 ans n'est pas à son coup d'essai. Professionnelle depuis ses 12 ans, élève de la prestigieuse Manhattan School of Music, enseignante, titulaire de nombreux prix, militante pour le droit des femmes dans le domaine des arts, Lauren Sevian s'est faite remarquer au sein des Mingus Big Band, Count Basie Orchestra et le All-Star Dizzy Gillespie Big Band.

Elle a fait ses premiers pas au saxophone alto mais elle ne se sentait pas en phase avec ce son. Le ténor ne lui convenant pas pour une question de différence de tonalité, elle est passée "courageusement" au baryton, malgré le poids disproportionné de l'instrument sur son jeune âge. Heureuse décision, elle est aujourd'hui récompensée pour ce choix.

Ses influences rassemblent tous les grands barytons qui la précèdent : Harry Carney, Gerry Mulligan, Cecil Payne, Nick Brignola, Ronnie Cuber et, surtout, le grand Pepper Adams qui est sa principale source d'inspiration.

Et je ne résiste pas à partager la définition de George Bernard Shaw à propos du baryton : "Un opéra, c'est une histoire où un baryton fait tout pour empêcher un ténor de coucher avec une soprano..."

Women's sax battle en mi bémol sur Lamb and Bunny
(construit sur les harmonies de Cherokee) : https://www.youtube.com/watch?v=AnQSzOsTKmg

Idem sur Blueprint : https://www.youtube.com/watch?v=PLGF81pv2kc

Full Concert Live at Smalls NYC : https://www.youtube.com/watch?v=JILzqzBkmNc

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20 mai 2020 - Chris Potter, Tenor sax of the Year !

Parmi les nominés de l'édition 2020 de l'Association Internationale des Journalistes de Jazz (regroupant des journalistes et critiques de jazz du monde entier), nous retrouvons le saxophoniste Chris Potter. Né à Chicago un 1er janvier, il est prédestiné à être un jour le premier dans sa catégorie. C'est chose faite avec cet Award bien mérité tant sa carrière d'instrumentiste et de compositeur est multiple et créative.

Enfant, il étudie d'abord la guitare, le piano et la batterie avant de se tourner définitivement vers le saxophone. Musicien professionnel dès l'adolescence, il fera ses débuts aux côtés du trompettiste Red Rodney, l'un des compagnons de route de Charlie Parker.

On ne compte plus les groupes dont il a fait partie ni ses enregistrements (actif sur plus de 250 albums !). Soliste de haut vol dans les groupes de Dave Holland, Paul Motian, Jim Hall et Pat Metheny, sa présence est toujours plus que fascinante.

Auparavant, il a déjà reçu un Grammy Award pour le "meilleur solo de jazz" (!) dans l'album Pink Elephant Magic de la pianiste Joanne Brackeen.

Body and soul : https://www.youtube.com/watch?v=wmYgn7lLEgs

Avec Snarky Puppy : https://www.youtube.com/watch?v=GaPb9kgcRsQ

Dave Holland Quartet à Liège en 2009 (Full Concert) : https://www.youtube.com/watch?v=g8O2B6U6KIc&t=406s

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19 mai 2020 - Veronica Swift

Veronica Swift : swing, expérience et jeunesse

Âgée d'à peine 26 ans, cette chanteuse de Charlottesville a déjà une longue carrière derrière elle. Premier disque à... 9 ans aux côtés de Richie Cole. Second disque à 13 ans avec le saxophoniste Harry Allen. Etudes de chant à l'Université de Miami (où elle monte un opéra rock !) elle vit aujourd'hui à New York où elle est accueillie comme artiste en résidence au Birdland.

Ses influences sont multiples, de Bach à Bobby McFerrin en passant par Sinatra ou Nina Simone, elle a acquis une expérience alliant délicatement tradition et modernité.

Tous les styles de jazz, du traditionnel au moderne, lui sont familiers. Elle peut aussi écrire ses propres textes, elle manie audacieusement la technique du scat et du vocalese. Elle se produit régulièrement au sein du Jazz Lincoln Center Orchestra.

I get a kick out of you au Birdland : https://www.youtube.com/watch?v=VAvKn5zvk1o

Cherokee avec Wynton Marsalis : https://www.youtube.com/watch?v=GH2k8GccrqI

You again : https://www.youtube.com/watch?v=XTDIF9Gg5t0

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18 mai 2020 - Nino Rota et le jazz

Nino Rota est l'un des compositeurs du XXème siècle dont la production est la plus abondante. Pas moins de 170 partitions de musique de films, des symphonies, des opéras et des musiques de chambre ont jalonné la carrière de ce milanais né en 1911. Sa longue et fidèle collaboration avec Federico Fellini ou encore sa composition du générique du Parrain de Coppola font de lui un maître de la mélodie.

En jazz, quelques musiciens ont parcouru son immense répertoire : Carla Bley, Steve Lacy, Richard Galliano, Enrico Piranunzi,... Tous ont revisité ces généreuses compositions pour en faire des morceaux remarquablement riches sur les plans mélodique et harmonique.

Amarcord par Enrico Pieranunzi : https://www.youtube.com/watch?v=FK0L6Uy9kzQ

8 1/2 par Carla Bley : https://www.youtube.com/watch?v=fJXz7CQ3xVk

La Strada par Richard Galliano : https://www.youtube.com/watch?v=ebLIcHUHbOU

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17 mai 2020 - Parker & Dizzy live at Massey Hall

Le 15 mai 1953, soit 67 ans derrière nous, Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Bud Powell, Charles Mingus et Max Roach se produisent au Massey Hall de Toronto. Ce concert est aujourd'hui entré dans la légende.

A l'origine, il ne devait pas être enregistré mais, à ce moment, Charles Mingus débutant son propre label Debut, il était à la recherche de publications pour le lancer. L'occasion était toute trouvée. Il a amené du matériel pour pouvoir enregistrer cette soirée. Coup de génie ou spéculation, c'est la seule et unique fois où ces musiciens seront tous réunis sur une session. Ce sera aussi le dernier enregistrement en commun de Parker et Gillespie. Les critiques sont unanimes : Jazz at Massey Hall figure parmi les albums mythiques de l'histoire du jazz.

Les conditions de la soirée étaient pourtant désordonnées, pour ne pas dire chaotiques...

Parker, crédité Charlie Chan sur la pochette pour des raisons d'incompatibilité de contrat avec sa maison de disques Verve, teste pour l'occasion un prototype de saxophone en plastique. Il n'est donc pas habitué à l'instrument bien qu'il soit coutumier du fait de pouvoir jouer sur presque n'importe quoi !

Bud Powell, atteint de troubles mentaux depuis une violente altercation avec des policiers, entame le concert complètement stone. Il joue en trio une des parties du concert.

Dizzy Gillespie, très préoccupé par les résultats de son idole Rocky Marciano qui livre un combat de boxe, fait sans cesse des allers retours en coulisse pour suivre le match durant le concert.

Mingus n'est pas très content de son jeu mais, disposant des bandes, il réenregistrera quelques une de ses parties par la suite. Max Roach apportera une cohérence rythmique à tout ce petit monde "dispersé" durant toute cette mémorable soirée.

Une chose est sûre : tous ces musiciens sont influencés par la musicalité audacieuse et inventive de Charlie Parker. 1953 porte Bird au sommet de sa carrière. Pour preuve, son opening break et le solo qui suit sur Night in Tunisia, déroulant le tapis rouge pour Dizzy qui va enchainer. Et le public ne s'y trompe pas !

Night in Tunisia : https://www.youtube.com/watch?v=vKB-rl9TLoE

Full concert : https://www.youtube.com/watch?v=Y2MFdB4SS1I

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16 mai 2020 - Molière, Lee Morgan, Warne Marsh et Boris Vian : tous unis pour le départ...

Quel est le point commun entre Molière, Lee Morgan, Warne Marsh et Boris Vian? C'est sans doute ce que la plupart des artistes rêvent un jour : tous sont morts sur scène ou "pas loin".

Molière a tiré sa révérence en 1673 lors de la quatrième représentation du Malade Imaginaire. Victime d'un malaise, la légende aurait voulu que ce soit sur scène, mais l'histoire démontre que c'est plutôt dans sa loge qu'il s'éteignît, juste après le baisser de rideau.

Le saxophoniste Warne Marsh, l'un des fers de lance du style westcoast, s'est effondré sur scène dans un club de Los Angeles en interprétant... Out of Nowhere.

Lee Morgan, trompettiste, figure importante du hard bop, se produisait un beau soir de 1972 au Slug's Saloon de New York. Pour des raisons "personnelles" qu'il ne m'appartient pas de partager, sa femme Helen est arrivée dans le club et l'a abattu sur scène.

Plus près de chez nous, le saxophoniste quenastois Germain Delattre s'est effondré, après son last chorus, lors d'un concert du West Music Club au Festival de Jazz de Chapelle lez Herlaimont. Et ce devant le regard pétrifié de Richard Rousselet qui dirigeait l'orchestre.

Enfin, ce n'est pas sur scène mais tout comme, Boris Vian, le "transcendant satrape" a été pris d'une attaque dans un cinéma où il devait assister à la première projection du film "J'irai cracher sur vos tombes", inspiré de son roman. Décédé durant le générique du début il n'aura jamais vu le film qu'il ne cautionnait d'ailleurs pas.

RIP

Warne Marsh : https://www.youtube.com/watch?v=qOP8ls-_YZY

Lee Morgan : https://www.youtube.com/watch?v=DvuTf-tcB1E

Boris Vian : https://www.youtube.com/watch?v=vpW_eBJKw74


15 mai 2020 - Le saxophoniste Eli Degibri

Eli Degibri, âgé d'à peine une petite quarantaine, ce saxophoniste, originaire de Jaffa, fait partie de la scène jazz actuelle, tant en Israël qu'aux États-Unis.

Ancien élève du Berklee College et de l'Institut Thelonious Monk, il a été très vite été remarqué par Herbie Hancock qui l'invite sur l'album Gerswin's World. Il collaborera ensuite avec de nombreux musiciens comme Ron Carter, Brad Mehldau, Al Foster, Kurt Rosenwinkel ou le Mingus Big Band.

Il fut aussi directeur artistique du Festival de Jazz d'Eilat (Israël) avant de céder sa place à Avishai Cohen.

Son album Twelve (2013)est remarquable par la section rythmique qui l'entoure : le pianiste Gadi Lehavi, le batteur Ofri Nehemya et le contrebassiste Barak Mori sont tous adolescents au moment de l'enregistrement.

Inspiré par Wayne Shorter, Michael Brecker et Joe Henderson, son jeu entremêle subtilement vélocité et silence.

Festival d'Antibes : https://www.youtube.com/watch?v=1XONPBC-MeM

Autumn in New York (Extrait CD Twelve) : https://www.youtube.com/watch?v=tIkkUKAWlQk

Covid Lockdown from Tel Aviv : https://www.youtube.com/watch?v=RmxOEtAEsAo

Enjoy !


14 mai 2020 - El Quinto Regimiento. No Pasaran !

Le Cinquième Régiment est un corps militaire antifasciste qui s'est illustré durant la Guerre d'Espagne. Constitué de volontaires, également actif dans le domaine culturel et social (lutte contre l'analphabétisme), El Quinto Regimiento est considéré comme un modèle de résistance à l'oppression.

En 1969, le contrebassiste Charlie Haden met sur pied son premier groupe en tant que leader : The Liberation Music Orchestra, dont le travail sera essentiellement d'explorer les différentes facettes de la musique politiquement engagé. Leur premier album sort en 1970. On y trouve un line up de rêve, parmi lesquels Gato Barbieri, Dewey Redman, Don Cherry, Paul Motian, Michael Mantler et Carley Bley au piano qui signe aussi les arrangements. La revue Rolling Stone estime que "ces arrangements sont des miracles de dynamique... une unité d'ensemble proche de la télépathie".

Cet opus comporte trois anciennes chansons folkloriques espagnoles dont les paroles ont été réécrites dans le contexte de la Guerre d'Espagne; notamment El Quinto Regimiento.

Charlie Haden & Liberation Music Orchestra : El Quinto Regimiento : https://www.youtube.com/watch?v=Z-JdKhfPu98

Plus près de nous, la chanteuse belgo-andalouse Lisa Rosillo & Spanish Jazz Project : https://www.youtube.com/watch?v=I8o9hNc8T5w

Disfrutar !


13 mai 2020 - Donna Lee

Cette composition est généralement attribuée à Charlie Parker alors qu'il est aujourd'hui établi que Miles Davis en est l'auteur. Pour cause, une erreur sur la pochette du 78 tours original publié en 1947. Erreur sans doute volontaire car, à l'époque, Miles n'étant pas encore reconnu unanimement pas ses pairs, il est probable que le producteur Teddy Reig (du label Savoy) ait jugé plus "avantageux" que le nom de Parker soit associé au morceau.

Sur l'origine de cette Donna Lee, deux hypothèses circulent. La première ferait référence à Donna Lee Russell, fille du contrebassiste Curley Russell. La seconde hypothèse provient de Charles Mingus. Dans son autobiographie, il relate qu'à cette époque, il fréquentait intimement deux femmes : Donna et Lee-Marie. Il les avait présentées à Miles Davis qui estimait qu'elles avaient toutes les deux de grandes qualités. Donna Lee est la contraction des deux prénoms.

Comme cela se faisait régulièrement à l'époque, Donna Lee a été réécrit sur la structure harmonique d'un autre standard, en l'occurrence Indiana (1917).

Considéré comme un morceau "risqué", il fait partie des standards que tout jazzman en herbe doit connaître.

La version originale Parker Davis 1947 : https://www.youtube.com/watch?v=_li7u9X3F3c

Une version chantée de la capverdienne Carmen Souza : https://www.youtube.com/watch?v=KC9hQVGTqSg

Enfin, une version pour le moins étonnante d'Anthony Braxton à la clarinette contrebasse ! : https://www.youtube.com/watch?v=4qL_hkYEf1M

Enjoy !


12 mai 2020 - Gary Peacock, entre jazz et zenitude

Aujourd'hui nous fêtons un exceptionnel contrebassiste faisant partie intégrante de la scène jazz depuis plusieurs décennies.
Gary Peacock a été très actif dès le début des années 60. On le retrouve aux côtés de musiciens très divers comme Art Pepper, Bill Evans, Paul Bley, Miles Davis, Roland Kirk, Paul Motian et bien d'autres comme le bouillonnant Albert Ayler.

En 1964, il arrête cependant sa carrière musicale pour étudier la philosophie zen et la médecine orientale au Japon.

Il reviendra au devant de la scène en 1983, année où il rejoindra le pianiste Keith Jarrett dans son projet Standard Trio, avec Jack Dejohnette aux drums. A un moment où le jazz s'était plus orienté dans des styles de musiques plus "personnelles", le pari de s'engager dans un répertoire revisitant l'American Songbook était osé. Pourtant, en 30 ans d'existence, ce trio battra tous les records de longévité.

Gary Peacock, âgé aujourd'hui de 85 ans est et restera un musicien qui a toujours étroitement lié musique et spiritualité. Là réside, sans aucun doute, le secret d'une musicalité toujours renouvelée.

Dans une interview de 2007 à propos du Standard Trio, il dit : "La question est, combien êtes-vous prêt à abandonner pour jouer cette musique? Je ne pense pas que cela puisse fonctionner si vous avez encore un agenda, si vous sentez que vous devez encore prouver quelque chose musicalement. Non, le but, c'est juste la musique".

Avec son propre trio en 2017 sur Stella by Starlight : https://www.youtube.com/watch?v=rlOPrO0Pj7M

En duo avec le guitariste Ralph Towner : https://www.youtube.com/watch?v=SQBXYsCeL-M

Happy Birthday Mr. Gary Peacock !


11 mai 2020 - Rudresh Mahanthappa, au carrefour de deux cultures

D'origine indienne, le saxophoniste alto Rudresh Mahantappa fait aujourd'hui partie de ce qu'il est convenu d'appeler la nouvelle scène new-yorkaise.

Diplômé du prestigieux Berklee College of Music, Rudresh s'est initié à la fois au jazz et à la musique traditionnelle carnatique. Pratiquée dans l'Inde du Sud depuis plus de deux mille ans, la musique carnatique est basée sur au moins deux principes proches du jazz : une structure définie et une part importante d'improvisation.

Parmi les nombreux mentors de Rudresh Mahantappa figure Bunky Green, autre saxophoniste alto, parfois injustement oublié, qui fut le professeur d'un certain Steve Coleman...

HR Big Band (Frankfurt Radio Big Band) où l'apport d'instruments traditionnels indiens dans une formule big band est tout à fait remarquable : https://www.youtube.com/watch?v=Cg6LDEbowtA

Concert à Salzau avec Bunky Green : https://www.youtube.com/watch?v=ApB_y4bZdbU

Enjoy !


10 mai 2020 - Le Hang, un instrument envoûtant, par Daniel Charlier

Lors de mes diverses pérégrinations musicales, j'ai découvert un instrument que je connaissais peu, voire pas : le Hang. En Belgique, dans la région de La Louvière, il y a un percussionniste qui en joue de manière très musicale et subtile : Daniel Charlier.

Je lui ai demandé d'écrire un article sur cet instrument peu utilisé qu'il maîtrise et connaît très bien.
En fin d'article, je joins 3 liens de musiciens qui l'utilisent dans un répertoire plutôt jazzy. Enjoy !

L’histoire du hang commence en 1976. Felix Rohner découvre alors le steeldrum, cet instrument caribéen tellement envoûtant. Tombé sous le charme, il décide de s’en fabriquer un lui-même en assemblant deux hémisphères en acier. Il s’inspire aussi du « udu » une percussion africaine en terre cuite.

A partir de là, avec sa compagne Sabina Schärer, l’homme n’arrêtera plus ses recherches. Pendant plus de 20 ans, il a tenté toutes les formules, tous les matériaux et toutes les évolutions. Il a même fait appel à des physiciens ! C’est en 2001, qu’il arrive enfin à ses fins : le premier hang est né.

Contrairement à son ancêtre, le hang se joue sans baguette (hang veut dire main en dialecte bernois) et le son est beaucoup plus intense. A vrai dire, il est presque irréel.

Il n’y a qu’à effleurer l’instrument pour lui faire sortir les sonorités les plus douces, étonnantes et enivrantes. Il s’agit bien d’une percussion, mais elle est mélodique.

Très vite, et malgré son prix élevé (+/- 2 500 euros), l’instrument va conquérir le cœur des passionnés, toujours plus nombreux. C’est aussi l’instrument rêvé pour les musiciens de rue ; vu sa forte résonance, il n’est pas nécessaire de l’amplifier !

Seulement voilà, les créateurs du hang n’avaient ni prévu, ni même forcément souhaité, un tel succès pour leur création. Alors, conformément à leur éthique, ils refusent d’augmenter leur production, ils décident… de sélectionner leurs acheteurs ! Ils réclamaient une lettre de motivation de ceux-ci ainsi que leur venue (s’ils étaient « sélectionnés ») dans les ateliers de la société (PANart) en Suisse afin de choisir selon leur ressenti « Le » plus adapté à leurs envies et besoins ! Ceux qui débarquaient directement sans prévenir dans l’espoir d’en obtenir un… qu’ils viennent d’Alaska, d’Hawaï, de Chine ou d’ailleurs, repartaient bredouilles !

Aussi, vu le trop grand succès et surtout la spéculation qui en découlait, la production a été soudainement stoppée par ses deux inventeurs (se sentant mal à l’aise devant cette notoriété), ouvrant ainsi la porte aux imitations. Compte-tenu de la pénurie d’instruments et du niveau de la demande, elles ont fleuri ! Certaines semblent avoir mérité, aussi depuis, leurs lettres de noblesse ; d’autres n’en sont malheureusement que de pâles copies.

« Le seul hang, le vrai, a été fabriqué par PANart » a encore posté, il y a quelques jours, l’entreprise dans un message annonçant que le hang… c’était fini. . .Mais que les fans se rassurent, la relève semble déjà bien assurée avec le Gubal leur nouvelle création

Comme dit précédemment, il existe désormais une multitude de « copies » toutes appelées Handpan ; elles font partie de la famille des Idiophones . . . Tous ces instruments répondaient à l’origine au système pentatonique dans les gammes de notes proposées.

Ces instruments sont régulièrement utilisés en relaxation, lorsque j’ai pu en acquérir un, je me suis rendu compte à quel point sa valeur thérapeutique pouvait être communicative, ce y compris, et peut-être même, avant tout, pour celui qui en joue. C’est reposant de le pratiquer quelque soit le sentiment que l’on veuille transmettre par son intermédiaire.

Parmi les grands spécialistes du hang (et du handpan) que l’on ne peut que conseiller d’écouter, on peut citer : Daniel Waples ; Steve Shehan ; Dany Cudd ; Jérémy Nattagh ; Laurent Sureau ; Manu Delago ; Nadayana ; Rafaël Sotomayor ; Vladiswar Nadishana ; David Kuckerman ; David Swarup et Dante Bucci malheureusement décédé. Cette liste n’est pas exhaustive.

Daniel Charlier

Bangladesh Quartet (Amsterdam): https://www.youtube.com/watch?v=RZdGUrqTbjA

Lachlan Hawkins (Australia) : https://www.youtube.com/watch?v=HU4k0JKpcTs

Tilo Wachter (Germany) : https://www.youtube.com/watch?v=Q3MNT3NIV4U


9 mai 2020 - Let it be

Les médias en ont beaucoup parlé ces jours-ci. Il y a 50 ans, quasi jour pour jour, sortait Let it be, l'album de la séparation des Beatles.
Officiellement séparés lors de la sortie de l'album, le projet, qui aurait dû aboutir sur un film, consistait à montrer un retour aux sources pour le groupe légendaire. Suite aux nombreuses difficultés liées à leur séparation, seul un concert sur le toit de l'immeuble Apple aura lieu.
A tort ou à raison, on a soupçonné Paul McCartney d'avoir donné une dimension religieuse, mystique à cet "Ainsi soit-il". McCartney s'en défend en précisant que la Mother Mary présente dans la chanson n'est autre que sa mère qu'il a vu en rêve. Dans une interview, il précise : « Les mots “Mother Mary” rendent la chanson quasiment religieuse, alors pourquoi pas. Je n’ai rien contre. Je suis plutôt heureux de voir des gens l’utiliser pour affirmer leur foi. Ça ne me pose aucun problème »

Quoiqu'il en soit, Let it be est et restera une chanson emblématique d'un des groupes phares de la pop music.

Écrit dans l'esprit d'une ballade jazz, ce désormais standard a inspiré aussi nombre de jazzmen.

Le saxophoniste Joshua Redman en 4tet à Marciac : https://www.youtube.com/watch?v=LEZSSH6BLDo

Le pianiste Ray Bryant + Big Band : https://www.youtube.com/watch?v=zEutB0RVVWQ

La drummer Terry Line Carrington : https://www.youtube.com/watch?v=I78asGQ7-SA

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8 mai 2020 - Peggy Lee's 100th birthday

Dans quelques jours, nous fêterons le 100ème anniversaire de la chanteuse et comédienne Peggy Lee. D'origine scandinave, elle fera ses débuts au sein de l'orchestre de Benny Goodman après avoir passé une jeunesse dans un environnement familial chaotique.

Superbe interprète, elle excellera aussi en tant que parolière et comédienne. Elle signera entre autre les lyrics de La Belle et le Clochard de Disney et prêtera sa voix à quelques personnages du film.

Tout au long de sa carrière riche d'une cinquantaine d'albums en tant que leader, elle collaborera avec des musiciens aussi célèbres que Duke Ellington, Quincy Jones, Laurindo Almeida ou Francis Lai. Au cinéma, elle fût nominée aux Oscars pour son interprétation de chanteuse de blues dans Pete Kelly's Blue. Peggy Lee nous a quittés en 2002.

A l'occasion de cet anniversaire, la musicologue Tish Oney lui a consacré un ouvrage qui paraîtra bientôt. Différentes rééditions discographiques sont aussi prévues.

Avec Benny Goodman Orchestra en 1942 : https://www.youtube.com/watch?v=4zRwze8_SGk

Fin des années 60 sur Fever : https://www.youtube.com/watch?v=EYxoAJ3Boyc

Full concert en 1984 : https://www.youtube.com/watch?v=H5cIn2gAiN4

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7 mai 2020 - Ella Fitzgerald "Goin' to Chicago"

Voici un document assez rare. Invitée en 1960 dans l'émission à succès Dinah Shore Chevy Show, Ella Fiztgerald se produit aux côtés des chanteurs Andy Williams et Dinah Shore elle-même. Le big band de Count Basie est aux commandes.

Ce Goin' to Chicago avait également été enregistré auparavant par le même Count Basie, mais avec le trio vocal Lambert, Hendrickx & Ross et le chanteur Joe Williams en prime.

Un régal de voir et d'entendre ces chanteurs qui swinguent avec une aisance presque naturelle et d'admirer surtout la grande Ella.

Avec Lambert, Hendrickx & Ross et Joe Williams : https://www.youtube.com/watch?v=-UpYFmmKJ54

Avec Ella Fitzgerald : https://www.youtube.com/watch?time_continue=146&v=t3ue8Tohlb4&feature=emb_logo

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6 mai 2020 - Lakecia Benjamin, nouvelle scène new-yorkaise

La scène musicale new-yorkaise est en pleine ébullition. Depuis toujours et constamment.
Le nombre d'écoles où le jazz est enseigné, augmenté du nombre impressionnant d'endroits où il est possible de jouer n'y est certes pas étranger. Même si le jazz est né dans le sud des États-Unis, même si Chicago ou la Côte Ouest furent des places fortes en la matière, il est indéniable que NYC est le séjour obligé de ceux qui font ou feront l'histoire du jazz.

Parmi les milliers de musiciens actifs dans la "Grosse Pomme", attardons nous sur la jeune saxophoniste Lakecia Benjamin. Née dans un quartier dominicain de la ville, ses influences seront très diverses : salsa, meringue, hip-hop et aussi jazz puisqu'elle fût élève du saxophoniste Gary Bartz.

Depuis ses débuts professionnels, elle s'est faite remarquer aux côtés de musiciens très divers. De Clark Terry à Count Basie Orchestra en passant par Jimmy Heath, Stevie Wonder et même Alicia Keys, Lakecia Benjamin évolue magnifiquement dans des projets très éclectiques.

Ici au Festival de Moers sur "Dreams" : https://www.youtube.com/watch?v=WGBEsyASm_4

Projet Hip-Hop Jazz : https://www.youtube.com/watch?v=d5kIm-kK6m0

Et un full concert - Lakecia Benjamin 4tet plays Coltrane : https://www.youtube.com/watch?v=Kr5uv5a6wXc

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5 mai 2020 - Jazz Funerals in New Orleans

Les funérailles avec musiciens ambulants sont courantes à la Nouvelle-Orléans, berceau du jazz.
Cette pratique, venue en droite ligne d'Afrique, consiste à accompagner le défunt vers sa dernière demeure en musique. La tradition, transplantée sur le sol américain, s'est nourrie d'un métissage culturel afro-américain.

La First line est la partie du défilé "mise à l'honneur", en l'occurrence le défunt et la fanfare. La Second line est composée des personnes, proches du défunt ou simples passants, qui suivent la procession afin de profiter de la musique. Durant le trajet, ils chantent, dansent et il arrive que ce soit proche d'une transe collective. Le cortège est toujours conduit par un Maître de Cérémonie (Grand Marshal).

Le Second line a donné naissance à un style de jeu batterie qui consiste à mélanger un rythme de marche à des figures polyrythmiques destinées à stimuler les danseurs.

Parmi les batteurs spécialistes de ce style, épinglons Paul Barbarin qui fût l'un des maîtres en la matière. Plus récemment, des batteurs comme Billy Higgins, Idriss Muhammad ou Jeff "Tain" Watts ont également perpétué ce style particulier.

Ici la levée du corps de Dr. John sur "Just a closer walk with Thee", morceau plus solennel : https://www.youtube.com/watch?v=xTkCDtlu0q0

Les mêmes funérailles, un peu plus tard. Tandis que des milliers de personnes suivent le défilé, des centaines de musiciens l'accompagnent sur "I'll fly away".
La symbolique de mort et renaissance y est clairement exprimée : https://www.youtube.com/watch?v=zQoreoDSqEE

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4 mai 2020 - Blue Monk

Beaucoup de choses ont été écrites sur le bouillonnant et turbulent Thelonious Monk.
Le saxophoniste marseillais Raphaël Imbert dit très justement :« Duke Ellington, c’est notre Mozart, Coltrane c’est notre Bach, Monk c’est notre Beethoven! »...

On raconte que Monk pouvait passer de longues heures devant son piano à jouer le même accord, le triturant dans tous les sens. Là réside sans doute le secret de son génie. Ce faisant, il se concentre sur les harmoniques que le son dégage, sur les notes que l'on entend pas.
On raconte que lors d'une balance dans un concert où il partageait le programme avec Ray Charles, ce dernier, qui attendait sagement son tour pour tester le piano, aurait demandé à l'organisateur de le prévenir quand l'accordeur aurait terminé...

A l'origine du be bop avec Parker, Dizzy et d'autres, Monk a confié à sa consœur Mary-Lou Williams : « Nous allons monter un grand orchestre. Nous allons créer une musique qu’ils ne pourront pas nous voler, parce qu’ils ne sauront pas la jouer ».

Le prénom Thelonious provient d un moine bénédictin du 7ème siècle. La mère de Monk s'appelant Speer, Thelonious va s'attribuer comme second prénom "Sphere", déformation du nom de famille maternel, mais surtout en référence à la fascination obsessionnelle que Monk développe pour les cercles, volumes, etc. Monk a d'abord étudié les mathématiques avant de se consacrer entièrement à la musique.

En 1954, il compose Blue Monk. Construit sur la forme traditionnelle d'un blues, la mélodie est composée de 4 notes qui "tournent" de manière ascendante ou descendante, bien dans l'esprit de Sphere...
Monk se serait inspiré d'une partie d'un autre thème : Pastel Blue du trompettiste Charlie Shavers.
A ce jour, Blue Monk figure sur 498 albums !

Thelonious Monk 1954 - Blue Monk (version originale) : https://www.youtube.com/watch?v=lVBv-TzO8lU

Avec des paroles d'Abbey Lincoln (approuvées par Monk) : https://www.youtube.com/watch?v=TTnz2wCba0w

Charlie Shavers - Pastel Blue : https://www.youtube.com/watch?v=kc0VM9TpcbQ

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3 mai 2020

Le saxophoniste alto Richie Cole est décédé. Pour une fois, rien à voir avec le Covid. Poursuivant l'héritage de Charlie Parker, proche du style de Phil Woods, cet alto fougueux va développer un be-bop joyeux et décomplexé.

Il a longtemps collaboré avec le chanteur Eddie Jefferson et son quartet "Alto Madness" tournera dans le monde entier.

Ici dans un medley parkerien : https://www.youtube.com/watch?v=xxaH6ZDhx-0

Avec beaucoup de lyrisme sur "I can't get started" (Duke Ellington) : https://www.youtube.com/watch?v=WWylm2UXV-0

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2 mai 2020 - Bella Ciao, chant d'hier et surtout, d'aujourd'hui et de demain

C'est la chanson générique de La casa de Papel (merci Netflix) mais, avant tout, il est bon de se remémorer l'origine de ce chant de révolte. Bella Ciao, chant des partisans italiens résistants durant la seconde guerre mondiale, renvoie à une chanson folklorique dénonçant les conditions de travail lamentables des désherbeuses (les mondine) des rizières du Pô.

Cette chanson n'a jamais été enregistrée en Italie. Elle s'est transmise oralement des rizières italiennes à la résistance au fascisme. Dans les années '60, Yves Montand lui donnera une renommée internationale en dépassant le cercle des jeunesses communistes pourtant bien implantées à l'époque.
Bella Ciao est à la fois un chant populaire, révolutionnaire, antifasciste, féministe. Il est avant tout un chant rassembleur des peuples et sociétés en lutte.

Et en jazz ?

Quelques musiciens comme le pianiste Ran Blake ou le saxophoniste Tony Coe l'ont interprétée.

Je vous propose 3 versions, d'hier, d'aujourd'hui et, qui sait, de demain :

Hier : Yves Montand : https://www.youtube.com/watch?v=mv3iY4v9EOc

Aujourd'hui : le trompettiste sarde Paolo Fresu : https://www.youtube.com/watch?v=bfiuJLHcbg8

Demain ? : le chanteur belge (et ami) Hughes Maréchal, en confinement ce 1er mai : https://www.facebook.com/HughesMarechal/videos/544213449621667/?__tn__=%2Cd%2CP-R&eid=ARC_RM0TM_z15X5zCiFYWQLcQtVXr3ggKV8zqISkpTLp1P2jgFhLLK5oq1xWMKV4fzTW0Q7yz1OMtg7v

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1er mai 2020 - Tony Allen, père de l'afrobeat

Tony Allen est considéré comme le père de l'afrobeat, partenaire du chanteur et saxophoniste Fela Kuti, "l'homme qui jouait comme cinq batteurs réunis" s'est éteint soudainement, hier soir à Paris.
Fela Kuti et Tony Allen, tous deux originaires de Lagos (Nigeria), avaient entrepris un voyage musical et initiatique au coeur des mouvements contestataires américains comme les Black Panthers.
C'est là qu'il forgera sa conscience politique revendicative pour l'égalité des droits entre blancs et gens de couleur. De là apparaîtra un style fondamental dans la musique afro-américaine actuelle, l'afrobeat.

Sur des grooves issus de rythmes traditionnels africains - parfois obsessionnels, faisant référence à Albert Ayler ou John coltrane - sur fonds de textes engagés et sur des arrangements musicaux soul jazz, les rythmes irrésistibles de l'afrobeat vont acquérir une popularité internationale, à la faveur notamment des messages de protestations que le style véhicule.

Tony Allen est disparu ce 30 avril, jour de la Journée Internationale du Jazz, décrétée par l'Unesco. RIP.

Ici sur Moanin' de Benny Golson, réarrangé à la sauce afrobeat : https://www.youtube.com/watch?v=IAY5Ggw-x8U

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30 avril 2020 - Pelzer, Thomas, Jaspar : José Bedeur se souvient d'un temps où les moins de vingt ans...

José Bedeur, contrebassiste multi-styles, est l'une des figures importantes du jazz belge. Toujours très actif dans de nombreux projets, il est en confinement - comme la quasi totalité des musiciens - en cette Journée Internationale du Jazz.

Il en a profité pour nous livrer ses souvenirs, alors qu'il fréquentait et jouait avec Jacques Pelzer, René Thomas et Bobby Jaspar sur la scène du jazz à Liège, haut lieu du jazz en Belgique. Merci à lui.

D'abord le décor :

Fin des années 50, la vingtaine et vivant chez mes parents , ayant tout raté sauf le conservatoire, jouant de la contrebasse dans tous les bals et casinos tout en découvrant mon intérêt pour les langues, je claque la porte et pars à Liège faire un régendat germanique.

Je dispose seulement de mon instrument et d'une Citroën 11 légère (avec sac de couchage et auto-radio mais sans chauffage, option hors prix à l'époque !) pour me déplacer et me nourrir, ainsi que des aléatoires revenus de la musique pour m'inscrire, acheter le matériel nécessaire (dictionnaires etc.) et me nourrir.

Je réussis à passer un accord financier avec les concierges de l'école pour pouvoir, aux petits matins, venir me rafraîchir à l'évier de l'entresol et partager leur petit déjeuner. Le soir, après les cours, je monte avec ma « Cadillac » au Thier à Liège, que je connais bien, pour m'y planquer pour la nuit où on ne gêne pas. En hiver, quand il fait vraiment trop froid, il m'arrive de louer une chambre - non meublée mais avec un poêle – chez mon ami Jean Lerusse, jeune contrebassiste.

Pendant quelque 3 ans, je « prendrai mes habitudes » à côté, à la pharmacie de mon ami Jacques Pelzer, selon le schéma suivant : arrivée fin d'après-midi pour m'occuper des devoirs de sa fille Mimiche (qui deviendra la drummer parisienne Micheline Pelzer) pendant que son père dort.

Beaucoup plus tard, Jacques se lève. René Thomas et Bobby Jaspar arrivent. Parfois il y a un batteur (souvent américain noir) et/ou des vedettes étrangères de passage.

Nous répétons : l'un ou l'autre, a apporté un nouveau standard excitant que l'on teste (pas moi car trop « débutant »), Jacques et Bobby se débrouillant sur le vieux piano droit. Systématiquement sans partition (il n'existait alors ni Real Books ni Internet) je les suis, et ils aiment ça parce qu’une basse est nécessaire, d'autant plus qu'il n'y a pas de batteur, et qu'ils m'ont toujours sous la main. Lentement , mes connaissances et ma technique s'affinent.

Et puis, quasi chaque soir, on part jouer. Il est déjà 23 heures et je pense qu'on va y aller directement. Non, ils n'ont pas encore mangé, et on va prendre du bon temps chez l'un ou l'autre restaurateur ami, souvent ex-maghrébin chez qui on peut arriver à n'importe quelle heure.

Là, il y a 3 options :

– ou bien on va au Jazz Inn, des frères Darmoise, un couloir dans « Le Carré » où, abreuvés royalement mais pas payés, on s'éclate jusqu'aux petites heures,

– ou il y a un concert prévu quelque part à 23h mais on arrive à 1h du matin... la moitié de la salle a quitté les lieux et l'autre moitié nous accueille comme des dieux. Un mot sur ces prestations, qui ne me satisfaisaient guère : 1er set : géant ; 2e set : moyen, 3e set : lamentable mais ils trouvaient que c'était le meilleur. Devinez pourquoi ?

– Ou encore, de temps en temps, il y a un vrai concert, dans un casino à la côte, un centre culturel, avec un vrai cachet ! Avec hélas chaque fois le même scénario, à la fin, Jacques : « Excuse-moi, José, j'ai dû donner ton cachet à René, tu comprends, il a ... telle ou telle difficulté... ». J'ai fini par me fâcher avec ce dernier, bien qu’il était un excellent guitariste.

Heureusement, je décrochai mon diplôme, quittai Liège, fier d'avoir pu mener de front mes études et ma passion nourricière, et redevins professionnel, mais alors vraiment, jouant tous les jours avec de longs séjours en Espagne - qui me conquit - et en Hollande... en pouvant enfin en vivre, avec une 11 Légère avec chauffage et même des petits rideaux !

Aujourd'hui je suis riche de souvenirs de mes 3 tuteurs :

Pelzer le cerveau, capable de gérer pendant toute sa carrière une pharmacie où son assistant, un génie lui aussi, s'occupait de tout. L'artisan principal du succès du jazz à Liège, lieu de passage « obligé » des vedettes américaines. Un des très rares capable de survivre correctement. Musicalement, un GRAND.

Le sax-alto et la flûte n'avaient plus de secrets pour lui. Et c'était lui le cerveau capable de négocier des contrats. De plus, gentil, amical et patient. Nous formions un couple atypique : il n'a jamais digéré mon départ de Liège et venait encore, des années plus tard, me relancer chez moi en pleine nuit !!!

Bobby Jaspar, lui, était sur une autre planète, fasciné par le jazz ET par les Etats-Unis où, marié à la gentille Américaine Blossom Dearie, il faisait tout pour être accepté. Il était particulièrement gentil avec moi, me pardonnant tout et m'encourageant. Brillant sax-ténor et flûtiste, il est mon meilleur souvenir de leur trio. Bobby est enterré au cimetière de Robermont à Liège.

René Thomas, très souvent « border line », mal aidé par sa vue défaillante, remplissait parfaitement son rôle dans un groupe sans pianiste.

José Bedeur et Charles Loos dans M...Montant (comprenne qui pourra) : https://www.youtube.com/watch?v=MHv0l8aa9Iw

Bobby Jaspar avec Martial Solal Quintet feat. Sacha Distel : https://www.youtube.com/watch?v=Yl6BbGEivSA

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29 avril 2020 - Happy 98th Birthday Mr. Toots Thielemans

Jean-Baptiste Frédéric Isidore Thielemans est né le 29 avril 1922 à Bruxelles, où ses parents tenaient un café. Guitariste, harmoniciste et "siffleur" de génie, Toots Thielemans a eu une carrière internationale exemplaire et s'est produit aux côtés des plus grands comme Ella Fitzgerald, Dizzy Gillespie, Benny Goodman, Quincy Jones et des centaines d'autres.

Plusieurs histoires circulent sur l'origine de son surnom de Toots. L'une d'elle est vraisemblablement les difficultés qu'un américain aurait eu à prononcer "Jean-Baptiste Thielemans" en le présentant lors d'un concert. Une autre viendrait de l'emprunt d'un surnom donné à deux musiciens populaires dans les années '40 : le saxophoniste Nuncio "Toots" Mondello et le trompettiste Salvador "Toots" Camarata.

Quoiqu'il en soit, il est et restera notre Jeanke national.

Petit retour sur Bluesette, composition qui fût et reste un tube planétaire, ici accompagné par un grand orchestre aux Pays Bas en 2009 : https://www.youtube.com/watch?time_continue=9&v=yKnG_9q4crA&feature=emb_logo

30/04/2020 : Renseignements fournis par Richard Rousselet, Pascal Michaux et Vincent Mardens, le surnom de Toots lui aurait été attribué par le trompettiste Herman Sandy.

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28 avril 2020 - Here's that rainy day...

Comme beaucoup de standards, "Here's that rainy day" est extrait d'une comédie musicale de Broadway, Carnival in Flanders (1953), elle-même tirée d'un film français de Jacques Feyder, La Kermesse Héroïque (1935), avec notamment Louis Jouvet. L'histoire se situe dans la ville de Boom au début du 17ème siècle, alors que la Flandre fait partie du Royaume d'Espagne...

Pour la version de Broadway, ce sont les John Burke et Jimmy Van Heusen qui signent paroles et musique pour en faire un standard encore très apprécié de nos jours.

La comédie musicale a été un flop. Plusieurs metteurs en scène se sont succédés pour tenter de
la sauver mais rien n'y fît. Il n'y eut que 6 représentations. La chanteuse Dolores Gray a cependant reçu un award pour son interprétation du morceau.

Voici 3 versions différentes de ce magnifique standard :

Le trompettiste cubain Arturo Sandoval en studio : https://www.youtube.com/watch?v=w1wG9ktmN1s

Clip de Frank Sinatra (avec l'orage en prime): https://www.youtube.com/watch?v=kUx2qUD8uo0

La Grande Sarah Vaughan en Nouvelle Zélande : https://www.youtube.com/watch?v=oarJMhtjMJs

Here's that rainy day où comment un amour perdu peut refaire surface un jour de pluie...

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27 avril 2020 - Crescent ou quand l'audace devient spirituelle

Il y a 55 ans jour pour jour, le 27 avril 1964, John Coltrane entre dans l'incontournable studio de Rudy Van Gelder pour enregistrer un album qui sera une référence dans sa carrière : Crescent.

Par son côté méditatif, cet album préfigure de quelques mois A Love Supreme, considéré comme l'un des chefs d'oeuvre de Coltrane et l'un des albums majeurs de l'histoire du jazz.

Crescent est l'ouverture à quelque chose qui n'était pas encore très présent dans le jazz : la spiritualité.

L'aspect contemplatif prend ici tout son sens dans Wise One tandis que le retour aux origines africaines du jazz sont indéniablement présentes dans le drum set d'Elvin Jones sur The Drum Thing.

Wise one : https://www.youtube.com/watch?v=UYE-kn5GR_0

The Drum Thing : https://www.youtube.com/watch?v=XICejHSjI4Q

L'album complet : https://www.youtube.com/watch?v=eOwW9j0YzgM

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26 avril 2020 - Blossom Dearie, alias Madame Bobby Jaspar

Blossom Dearie semble quelque peu oubliée aujourd'hui. Pianiste et chanteuse américaine, disparue en 2009, elle reste pourtant une chanteuse inspirante pour bon nombre de chanteuses actuelles comme par exemple Lisa Ekdahl ou Stacey Kent (qui se produira à La Louvière le 21 mai 2021).

Reconnaissable immédiatement à la pureté de sa voix enfantine, comme sortie d'une maison de poupée, Blossom Dearie était aussi une exceptionnelle accompagnatrice, dotée d'un jeu se rapprochant des harmonies dignes d'un Debussy. A ses débuts, elle a notamment accompagné Tony Bennett dans les clubs du Greenwich Village.

Elle s'installera à Paris dans les années '50 où elle côtoiera Michel Legrand et Eddy Barclay.

Elle y rencontrera également le saxophoniste liégeois Bobby Jaspar avec qui elle se mariera. Tous deux rentreront ensuite à New-York, elle pour poursuivre sa carrière, lui pour l'entamer.

Bien qu'elle fût injustement classée dans la catégorie des easy listening, Blossom Dearie, par son placement particulier des accords et des mélodies, force le respect pour beaucoup de musiciens de jazz.

Dotée d'un humour décalé, elle aimait dire en concert ; "Si vous rencontrez ma mère, ne lui dites pas que je chante dans un cabaret, elle me croit toujours en prison".

Que reste t-il de nos amours pour la télévision française ? : https://www.youtube.com/watch?v=4hGjzuXchGg

C'est le printemps (It might as welle be spring) live at Greenwich Village : https://www.youtube.com/watch?v=vaIarb3c0JI

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25 avril 2020 - Buddy Bolden, mythe ou réalité

Buddy Bolden est un joueur de cornet, considéré aujourd'hui comme étant le premier chef d'orchestre de l'histoire du jazz.
Né en 1877 à la Nouvelle-Orléans, il réunit en 1895 des musiciens au sein du Bolden Band, réussissant ainsi à former le premier orchestre connu qui allait pratiquer l'improvisation et ce, quelques temps avant que cela ne soit défini sous le vocable de Jazz.

On sait peu de choses sur sa vie si ce n'est que son orchestre connu un succès phénoménal à la Nouvelle - Orléans, plus particulièrement dans le quartier chaud de Storyville, là où jazz et moeurs légères ont longtemps fait bon ménage.

Par quelques souvenirs réunis, on sait qu'il avait à son répertoire le fameux Careless Love et un morceau intitulé Funky Butt, "funk" faisant référence en langage populaire de l'époque à l'odeur de transpiration dégagée par les danseurs.

Les historiens sont persuadés qu'il existe au moins un enregistrement (sur cylindre) de Buddy Bolden mais il n'a jamais été retrouvé. Cela ajouté au fait qu'en 1907, atteint de graves problèmes mentaux, il fût interné jusqu'à sa mort en 1931, fait de Buddy Bolden une authentique légende du jazz...

Une vidéo assez didactique de Wynton Marsalis où il fait allusion à Buddy Bolden et les origines du phrasé swing : https://www.youtube.com/watch?v=Tat8odbC6_c

Un film de Dan Pritzker lui est consacré (2019). Ci-dessous le trailer : https://www.youtube.com/watch?v=80D1UrXqUsE

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24 avril 2020 - Vocalese avec les Double Six et Camille Bertault

Le Vocalese est un style de chant jazz dont la particularité est de composer des paroles sur des thèmes et les chanter ensuite comme s'il s'agissait de solistes instrumentaux.

Il ne s'agit pas ici de scats composés d'onomatopées (cf. Louis Armstrong, Ella Fitzgerald, etc.) mais bien de textes qui collent autant que possible à la mélodie, aux solos et bien sûr à l'esprit du morceau.

Parmi les différents artistes qui se sont frottés à cette technique, je citerai le groupe français des Double Six. Composés de 6 choristes dirigés par Mimi Perrin, la prouesse vocale consistera à reproduire les sonorités d'un big band en ensemble vocal.

Ici sur Four Brothers (Jimmy Giuffre) et Moanin' (Benny Golson) : https://www.youtube.com/watch?v=GRPw0xGwYNQ&list=RDVFiFW6gOrxE&index=2

Avant eux, le trio Lambert, Hendrickx & Ross avait ouvert la voie dans ce style très particulier.

Aujourd'hui, toujours en France, la chanteuse Camille Bertault excelle dans ce style en solo.

La voici sur Pas à Pas, avec des paroles sur le thème et le solo de Giant Steps de John Coltrane : https://www.youtube.com/watch?v=KGE4wT8gmf0

Camille Bertault était présente à La Louvière en 2019 dans le cadre de Jazz au Féminin (à suivre...).

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23 avril 2020 - Happy Birthday Charles Mingus

Ce 22 avril, Charles Mingus aurait fêté ses 98 ans. Contrebassiste hors pair, compositeur de génie, figurant parmi les pères du be bop, Mingus était aussi connu pour son tempérament excentrique, parfois effrayant. Militant très engagé pour la cause antiraciste,prônant le Black Power et membre des Black Panthers, Mingus laisse derrière lui une impressionnante discographie d'une richesse peu égalée.
Autant son talent force le respect, autant, parfois, ses colères sont extrêmes. On retiendra une fameuse dispute au sein de l'orchestre de Duke Ellington avec le tromboniste Juan Tizol (compositeur de Caravan). Ce dernier, d'origine portoricaine, s'est fait frapper de coups de barre de fer par Mingus car il l'avait traité de "sale noir qui ne sait pas lire la musique"... C'est dire l'ambiance à l'époque! Ellington a d'ailleurs licencié immédiatement Mingus à la suite de cet incident.

Il n'empêche que Mingus est un très grand musicien, ses compositions, souvent originales, sont toujours à l'honneur aujourd'hui.
Je recommande la lecture de son autobiographie "Beneath the Underdog", disponible en français sous le nom de "Moins qu'un chien". Aujourd'hui, le Mingus Big band, jouant uniquement des compositions du Maître, est toujours en activité, notamment chaque lundi au Jazz Standard à New York.

Charles Mingus sur Devil's Blues à Montreux en 1975 : https://www.youtube.com/watch?v=ODnOQ0t37Ik

Mingus Big band dans toute la folie musicale de Mingus : https://www.youtube.com/watch?v=Vcw82xobndQ

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22 avril 2020 - Quand le jazz rencontre l'Afrique

La culture ancestrale africaine, déportée malgré elle sur le territoire américain, rencontrant la culture populaire européenne en quête de liberté, allait provoquer un choc culturel sans précédent dès la fin du 19ème siècle.

Personne ne le contestera, le jazz est le fruit de la rencontre entre ces deux cultures.

Mais qu'en est-il lorsque, quelques décennies plus tard, des musiciens noirs américains, font le chemin inverse; à savoir retourner en Afrique afin d'y restituer ce brassage bi-culturel ?

En 1956, le grand Louis Armstrong, alors star internationale, en fait l'expérience lors d'un court séjour au Ghana, territoire parmi les plus importants en fournisseurs de "main d'oeuvre" lors des traites négrières.

L'arrivée se situe bien au delà de ce qu'il pouvait imaginer... Accueil grandiose dès sa sortie d'avion par 13 orchestres réunis qui jouent un air créole, danses traditionnelles lors des concerts, accueil officiel digne d'un chef d'état par les autorités, etc.

Cet enthousiasme frénétique semble bien être la preuve que le jazz et l'Afrique ont bien les mêmes gènes.

Actualités de l'époque : Louis Armstrong in Ghana :
https://www.youtube.com/watch?list=RDV2XrVX-pUJQ&time_continue=5&v=V2XrVX-pUJQ&feature=emb_logo

Avec son orchestre en concert, rejoint par des danseurs traditionnels :
https://www.youtube.com/watch?time_continue=5&v=5w1IWvDIQxw&feature=emb_logo

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21 avril 2020 - Le Sant Andreu Jazz Band

Sant Andreu Jazz Band est un orchestre de jeunes musiciens de Barcelone, tous âgés de 6 à 18 ans. Dirigé par Joan Chamorro, ce «big band» nous raconte en musique l’histoire d’une fabuleuse rencontre entre des adolescents et un répertoire de jazz très inscrit dans la tradition.

Cet ensemble est né en 2006 sous la houlette du contrebassiste Joan Chamorro qui a mis au point une méthode d’enseignement unique de la musique. Sa méthode basée au départ sur l’écoute permet aux jeunes en herbe de maîtriser assez rapidement leur instrument. La formation est complétée par une bonne connaissance du solfège et de la musique.

Parmi ces jeunes artistes talentueux, épinglons la chanteuse, saxophoniste et trompettiste Andrea Motis et sa soeur Carla Motis à la guitare.

Ce mercredi 22 avril à 18 h, elles donneront un concert live confiné au profit de Médecins sans Frontières.

A voir en live ici : https://www.facebook.com/AndreaMotisMusic/?__tn__=%2Cd%2CP-R&eid=ARDOugDLyPNHcGZN-DKMcOK_KirhIwkiw0opes1SVXtA22EC2MhggFLzTyMAzQGLLXe1XRsf04QsUYu-

En attendant, les voici avec le Symphonique de Valles sur... Solitude : https://www.youtube.com/watch?v=gAyb-nDit5w

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20 avril 2020 - (In my) Solitude de Duke Ellington ou l'après confinement...

Début 1934, Duke Ellington Orchestra rentre d'une tournée en Angleterre. Ils sont à Chicago pour un enregistrement et il manque un morceau pour remplir la session. Une anecdote raconte qu'en attendant son tour pour entrer dans le studio, Duke aurait composé cette mélodie en vingt minutes. Quoiqu'il en soit, Solitude reste un des morceaux les plus émouvants de l'histoire du jazz.

Conçu au départ comme un fox-trot, le morceau, par sa texture mélancolique, est rapidement devenu une ballade.

Le morceau suit La Grande Dépression, période économiquement trouble qui a frappé l'Amérique au début des années 30. L'industrie du disque a chuté de 90% et beaucoup d'orchestres ont dû licencier leur personnel durant cette période. Bénéficiant de ce que l'on pourrait appeler un financement "alternatif" (j'y reviendrai), ce ne fût heureusement pas le cas pour l'orchestre de Duke.

Le texte fait donc référence à une période située tout juste à la sortie d'un confinement imposé par des impératifs économiques et sociaux... En voici une traduction littérale :

Dans ma solitude tu me hantes
Avec des rêveries d'autrefois
Dans ma solitude tu me nargue
Avec des souvenirs qui ne meurent jamais

Je m'assieds sur ma chaise
Rempli de désespoir
Personne ne pourrait être si triste
Avec la tristesse partout
Je m'assois et je regarde
Je sais que je vais bientôt devenir fou

L'enregistrement original : https://www.youtube.com/watch?v=55kH1rWDzM0

Par Billie Holiday : https://www.youtube.com/watch?v=8eLl84iMsrQ

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19 avril 2020 - Pourquoi Dizzy Gillespie avait-il de grosses joues et une trompette coudée ?

Dizzy Gillespie, est l'un des plus importants trompettistes de toute l'histoire du jazz.
Virtuose hors norme, il figure parmi les fondateurs du style be bop aux côtés de Charlie Parker, Thelonious Monk, Charles Mingus et Kenny Clarke.
Doté d'une joie de vivre et d'un grand humour, parfois gagman, Dizzy est reconnaissable au premier coup d'oeil par sa trompette au pavillon relevé et ses joues gonflées à l'extrême.
Explications...

dizzy gillespie

Trompette coudée

Parmi différentes hypothèses, celle qui reste la plus plausible serait un simple accident. Tandis qu'il se préparait pour un concert privé pour l'anniversaire de sa femme Lorraine, Stump, l'un de ses amis danseur de claquettes et un peu éméché, serait tombé sur sa trompette posée sur son stand sur la scène.
Très en colère, Dizzy jouera quand même dessus et, la soirée avançant, il appréciera de plus en plus le son atténué par la petite fuite d'air qui s'échappait par la pliure du tuyau. Ce nouvel angle aura aussi un autre avantage, il permettait à Dizzy de s'entendre mieux. Le son n'était plus projeté vers l'avant mais plus orienté vers son oreille. Dès le lendemain, il commandera à son facteur d'instrument une réplique de sa trompette accidentée. Son fameux Bent Horn était né.

Les joues

Une de ses autres particularités est d'avoir des joues surdimensionnées, à la limite de l'explosion quand il souffle. Médicalement, cela se nomme un laryngocèle, une hernie du larynx caractérisée par une poche remplie d'air. Dizzy raconte qu'un scientifique a étudié ses joues et a fini par les qualifier de "poches de Gillespie". Cette pathologie bénigne lui a sans aucun doute permis d'être doté d'une énergie bouillonnante lorsqu'il soufflait.

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18 avril 2020 - World Wide Concert for Our Culture (Jazz Lincoln Concert Orchestra)

Cette période de pandémie est à la fois unique, rarissime et inattendue, ce qui lui donne un caractère exceptionnel.

C'est dans ce cadre que, ce 15 avril, le prestigieux Jazz Lincoln Center Orchestra a relevé le défi de réunir des artistes du monde entier (USA, Cuba, Italie, Japon, Brésil, Russie, Espagne, Pakistan, Allemagne, Afrique du Sud) et des environs (Belgique) pour un Benefit Concert qui, à ma connaissance, n'a jamais eu lieu dans le monde du jazz.

Avec Baqir Abbas | Brussels Jazz Orchestra feat. Bert Joris | Cécile McLorin Salvant and Sullivan Fortner | Chano Dominguez | Chucho Valdés | Dianne Reeves | Hamilton de Holanda | Igor Butman | Makoto Ozone | Nduduzo Makhathini | Richard Galliano | Stefano DiBattista | WDR Big Bandje, je vous invite à bien vous installer et assister à ce remarquable concert.

Enjoy !

https://www.youtube.com/watch?time_continue=2&v=IjJbZetCvGw&feature=emb_logo


17 avril 2020 - I Loves you, Porgy

En 1935 a lieu au Carnegie Hall la première de l'opéra "Porgy and Bess", composé par George Gerschwin sur un livret de son frère Ira.

L'histoire se passe dans les taudis de Charleston (South Carolina) où Porgy, mendiant noir estropié, tente de sauver Bess d'un concubin violent et d'un dealer qui veut la prostituer.

Outre le très connu Summertime, beaucoup de chansons de cette oeuvre sont devenues des standards de jazz. Parmi celles-ci, il y a "I Loves you, Porgy" avec un s à la première personne du présent, ce qui pourrait être considéré comme une erreur.

La raison de cette faute volontaire est assez obscure. Parmi différentes hypothèses, on pourrait retenir que Gerschwin a voulu ainsi mettre en évidence l'absence de scolarité auxquels les Noirs des couches défavorisées. Ce s est présent dans l'écriture mais n'est pas en principe pas prononcé dans les versions chantées.

Considéré aujourd'hui comme un classique du répertoire américain, Porgy and Bess fit pourtant l'objet de plusieurs polémiques allant à l'encontre des revendications raciales des années '60. Ces controverses sont aujourd'hui écartées et les ayants droit de Gerschwin n'autorisent que des interprètes noirs dans les distributions.

Parmi des centaines d'interprétation, voici trois versions de cette magnifique balade :

Nina Simone (sans doute la plus connue) : https://www.youtube.com/watch?v=tq5A0YadWKs

Lisa Fisher (magnifique version et elle, prononce le s) : https://www.youtube.com/watch?v=rDAEiaz5WxI

Et bien entendu, Billie Holiday : https://www.youtube.com/watch?v=W4uHGI1Tgcg

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16 avril 2020 - RIP Lee Konitz

Chers tous,

Je l'ai appris cette nuit, Lee Konitz, autre légende du jazz nous a quittés, victime lui aussi de complications liées au Covid 19.
Né en 1927 à Chicago, il fût l'un des premiers saxophonistes à se "libérer" du style bebop de ses collègues comme Cannonball Adderley ou bien sûr Charlie Parker. Miles Davis, déjà en recherche de nouvelles sonorités, ne s'y était pas trompé en le faisant participer au mémorable projet "Birth of the Cool" début des années 50.

Saxophoniste alto et soprano au jeu des plus lyriques, à la sonorité fluide et aérienne, la carrière de Lee Konitz est remarquable par sa diversité et le nombre d'enregistrements auxquels il a participé. Ceux-ci se résument à quelques 600 albums...

En 1993, il enregistrait en Belgique l'album "Discoveries" aux côtés de Nathalie Loriers (Pno), Philippe Aerts (Cb) et Al Levitt (Drums).

Ici sur RTBF Auvio : https://www.rtbf.be/auvio/detail_cool-trance-quartet-discoveries-1993?id=2624923

Il y a des milliers de morceaux à (ré)écouter mais, pour sourire en sa mémoire, voici un extrait où il se superpose live à une enregistrement de... Charlie Parker sur Hot House. Les problèmes techniques figurent parmi les choses récurrentes dans l'histoire de la musique. Enjoy.

https://www.youtube.com/watch?v=6R9qyYfuCzI&feature=em-lsp


15 avril 2020 - Pianistes : la nouvelle génération

Suggérée par mon Ami Léon Engelhardt, voici une idée de découverte de quelques jeunes musiciens qui, malgré leur jeune âge, font déjà partie du devant de la scène jazz. Nous associerons à chaque fois un américain à un ou deux belges.

Ce choix ne sera bien évidemment ni exclusif, ni exhaustif. Il y a une abondance d'autres musiciens que je vous laisse le soin de découvrir par vous-mêmes.

Aujourd'hui, place à trois jeunes pianistes. Leur point commun est d'avoir tous les trois un jeu inspiré par la musique classique,très impressionniste pour certains. A susurrer les yeux fermés avec une boisson pétillante à portée de mains !

Aux USA :

Gerald Clayton
Né en 1984. Elève de Billy Childs et Kenny Barron, il vit et travaille à Los Angeles. Il a joué avec Diana Krall, Roy Hargrove, Ravi Coltrane, ...
Le voici en solo sur la magnifique ballade Embraceable You : https://www.youtube.com/watch?v=FEW5qMhVrn8

En Belgique :

Igor Gehenot
Né à Liège (tiens tiens...) en 1989. Bercé par Bach et Stravinsky dès son jeune âge, il figurera parmi les élèves d'Eric Legnini qui lui fera découvrir Bille Evans, McCoy Tyner, Chick Corea, Brad Mehldau, ...
Musicien très éclectique, le voici dans un extrait de Cursiv, son dernier album : https://www.youtube.com/watch?v=3Ik4RdKoh5E

Bram De Looze
Né à Knokke en 1991. Etudie au Lemmensinstituut à Leuven avant de poursuivre son cursus à la New School for Jazz and Contemporary Music à New-York.
Ici en trio sur Boo Boo's Birthday de Thelonious Monk : https://www.youtube.com/watch?v=WIgBBDlhUt0

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14 avril 2020 - L'origine des claquettes (tap dances)

L'origine des claquettes (tap dances). D'où vient ce style de danse devenu à une certaine époque l'un des plus populaires ?

Tout d'abord, il semblerait que les négriers qui amenaient leurs cargaisons de "matériels humains" avaient compris que les esclaves pourraient communiquer entre eux avec leurs tam-tams. Ils furent confisqués et détruits. Ainsi vont-ils être peu à peu remplacés par des tap dancers afin de continuer à communiquer.

Cette forme de danse était aussi pratiquée en Irlande où elle faisait partie de danses traditionnelles. Pour fuir la pauvreté et des épidémies, beaucoup d'irlandais furent obligés de migrer vers les Etats-Unis. Comme toujours la rencontre de deux cultures permit d'aboutir sur une troisième : la tap dance.

Grâce au cinéma et des danseurs hors pairs comme Fred Astaire, Ginger Rogers ou Gene Kelly, ce style acquît ses lettres de noblesse durant les années 50. Ici, la scène mythique de Fred Astaire et Ginger Rogers dans Swing Time : https://www.youtube.com/watch?v=mxPgplMujzQ

Et aujourdhui ? Pour exemple, Wynton Marsalis (toujours lui !) développe au sein du Jazz Lincoln Center une école réunissant de futurs jeunes talents.

Ici à Marciac avec la jeune tap dancer Michela Marino Lerman sur Take the "A" Train : https://www.youtube.com/watch?v=cFs7cyPmzxk

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13 avril 2020 - Sommes-nous triskaïdékaphobique ?

La triskaïdékaphobie est une peur superstitieuse liée au nombre 13. Son origine viendrait du repas de la Cène où Jésus, entouré des douze apôtres, attendait le 13ème, Judas, qui allait le mener à la crucifixion (ou cruci-fiction).
La suite, on la connaît : peur de s'asseoir à la place numéro 13, ne pas être 13 à table, la mission Apollo 13 dont les réservoirs ont explosé, etc. Alors que, business is businnes, les gains du Lotto sont augmentés chaque vendredi 13, il y a même des compagnies aériennes comme Air France ou KLM qui n'ont pas de siège 13 !
 
Mais qu'en est-il chez nos amis musiciens ?
 
En musique classique, quelques compositeurs semblaient souffrir de cette phobie :
Par exemple Arnold Shoenberg qui retira un A au prénom Aaron afin que son opéra "Moses und Aron" ne compote que 12 lettres.
Erik Satie tentera une fois de plus de bousculer les "habitudes" dans son oeuvre "Vexations" composée de mesures à 13 temps, système pour le moins déséquilibrant.
 
 
Et en jazz ?
 
A ma connaissance, il n'y a pas beaucoup d'exemples, si ce n'est Thelonious Monk qui en 1953, entouré de Sonny Rollins, enregistre "Friday the Thirteenth".
 
Cette session eût lieu un vendredi 13 et pas mal d'événements imprévus allaient perturber l'enregistrement :
Monk et Rollins arrivent en retard au studio, leur taxi ayant eu un accident en chemin.
Ray Copeland, trompettiste prévu pour la session, arrive avec une grosse grippe et doit être remplacé par "ce qu'ils trouvent au pied levé", à savoir Julius Watkins, jouant du cor d'harmonie et encore inexpérimenté à l'époque.
Enfin, ce morceau n'avait au départ pas était prévu. Ce n'est qu'en fin de journée qu'ils joueront cette suite de 4 accords pendant 10 minutes. Histoire sans doute de meubler, peut-être n'avaient-ils pas de matière assez pour le disque. Reste que ce morceau figure parmi les incontournables du répertoire de Monk.
 
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12 avril 2020 - Herbie Hancock 80th Birthday

Ce 12 avril, Herbie Hancock, l'un des pianistes les plus prolifiques et créatifs du jazz fête ses 80 ans.
De formation classique, actif très tôt sur la scène jazz, Hancock s'est hissé au Panthéon des plus grands pianistes de jazz comme Thelonious Monk, Bud Powell, Bill Evans, McCoy Tyner ou encore Oscar Peterson.
 
Sa particularité est d'avoir développé un style d'accompagnement très personnel. Ci-dessous, un extrait d'un texte de présentation de Vincent Bessières de la Philarmonie de Paris. Tout y est dit.
 
"Hancock introduit non seulement dans son jeu l’héritage de son goût pour les compositeurs post-impressionnistes (notamment français, tels que Debussy, Ravel) mais encore une liberté rythmique qui lui permet de s’élancer dans des improvisations aériennes qui glissent par-dessus les structures. En profonde sympathie avec Tony Williams et Ron Carter, il contribue à remodeler complètement la relation du soliste à la section rythmique, introduisant un degré d’interaction spontanée et de liberté dans l’accompagnement digressif qui bouleverse les rôles traditionnellement institués."
 
Voici un extrait assez représentatif de son jeu sur Actual Proof, où il mêle subtilement ses qualités de soliste et d'improvisateur aux claviers et piano.
 
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11 avril 2020 - Et alors ?

Le 17 août 1959, le trompettiste Miles Davis publiait sur Columbia Records l’album « Kind of Blue ». Cet enregistrement est toujours considéré comme le plus important dans l’œuvre de Miles Davis.

Album de jazz le plus vendu de tous les temps (4.000.000 d'exemplaires !), premier Disque d’Or du jazz, « Kind of Blue » est reconnu comme l’un des albums les plus influents de l’histoire du jazz.

Comme à l’habitude, Miles a eu la clairvoyance de le proposer au bon moment. D’un côté, une génération de musiciens n’en avaient pas fini avec la tradition et, de l’autre, des créateurs  d’avant–garde tentaient avec plus ou moins de bonheur d’ouvrir de nouvelles portes.

Miles Davis, entouré de ses pairs, allait à nouveau se distinguer en ouvrant une nouvelle voie, celle du jazz modal. Plus de quarante ans après les deux séances d’enregistrement, ce disque est de loin considéré comme un tournant dans l’histoire du jazz. C’était un moyen de s’écarter des compositions denses de l’époque, d’opter pour un retour à la mélodie…

Enregistrement lors d'une émission de TV : https://www.youtube.com/watch?v=zqNTltOGh5c

En 1959, Miles Davis est un musicien lassé de l'ère be-bop. À la manière de ce qu'il va entreprendre tout au long de sa carrière, le trompettiste américain cherche alors à se réinventer, à placer ses origines noires au centre de sa musique et à délaisser le quintet traditionnel au sein du jazz pour mettre en place un sextet incroyablement talentueux : les saxophonistes John Coltrane et Julian « Cannonball » Adderley, les pianistes Wynton Kelly et Bill Evans, le contrebassiste Paul Chambers et le batteur Jimmy Cobb.

« Dans le be-bop, la musique contenait beaucoup de notes », se justifiait-il. « Dizzy et Parker enfilaient notes et accords de passage très rapides. Leur concept musical, c'était « plus », pas « moins ». Moi, je voulais élaguer les notes. J'ai toujours eu le sentiment que les musiciens jouaient beaucoup trop, trop longtemps. La musique de ce nouveau groupe, je la voulais plus libre, plus modale, plus africaine ou orientale, moins occidentale ».

So What est un morceau étonnant de simplicité et de complexité... Il est quelquefois joué de manière surprenante. Ici, par un duo d'orgues de Barbarie.

https://www.youtube.com/watch?v=x92l4wMpu7M

Joyeuses Pâques


10 avril 2020 - Alabama ou quand il arrive que la musicalité puisse toucher les étoiles...

Le 15 septembre 1963, à Birmingham (Alabama, USA), a eu lieu un sinistre attentat à caractère raciste dans une église baptiste. Quatre fillettes noires y perdront la vie tandis qu'une vingtaine d'autres seront blessées.
 
Dans les années 60, cette ville a été le théâtre de nombreuses tensions, souvent très violentes, entre communautés blanches (proches du Ku Klux Klan) et noires.
 
Martin Luther King y a été emprisonné pour avoir participé à une manifestation non violente et Angela Davis, militante communiste, y a vécu à cette époque.
 
John Coltrane, humaniste engagé mais non politisé, est bouleversé par cet événement.
 
Deux mois plus tard, il enregistre Alabama, composition d'un lyrisme rarement égalé en hommage aux victimes de l'attentat. Il a composé cette pièce en écoutant le discours, faisant suite à l'attentat, du Pasteur Martin Luther King, lui aussi assassiné en 1968.
 
Nombre de sentiments traversent cet opus : désolation, amertume, tristesse, rage, mais aussi et surtout, espoir d'un monde meilleur.
 
Alabama (John Coltrane), la session d'enregistrement : https://www.youtube.com/watch?v=saN1BwlxJxA

9 avril 2020 - Festivals en ligne

Chers tous,
 
Nous vivons une situation exceptionnelle...
A tout malheur, bonheur est bon (Confucius ?), quelques gros festivals européens mettent gratuitement en ligne de fameux concerts :
Montreux Jazz Festival - 50 concerts en streaming parmi lesquels Quincy Jones, Santana, Ray Charles, Nina Simone, Phil Collins, etc.
 
North Sea Jazz Festival. Jadis à La Haye, aujourd'hui à Rotterdam. L'un des plus grands festivals européens (après Marciac, je crois)-, en droite ligne avec les festivals aux States. Pas mal de concerts dans leur intégralité ici :
 
Marciac Jazz Festival
Une petite commune du Gers, riche de 1224 habitants qui, lors du festival en juillet/août, attire quelques 200.000 spectateurs pour en faire l'un des plus grands en Europe. Aussi beaucoup de concerts sur leur chaîne YT
 
Enjoy !

8 avril 2020 - When Louis Meets Billie

C'est indéniable, le jazz et le cinéma ont toujours fait plus ou moins bon ménage.
 
Ils sont tous les deux nés en même temps, soit vers 1895 où on voit apparaître d'un côté, le légendaire trompettiste Buddy Bolden et, de l'autre, les Frères Lumière présentant "Arrivée d'un train en gare de la Ciotat", considéré comme le premier film de cinéma.
 
En 1927, sort le film "Le Chanteur de Jazz" d'Alan Crosland, considéré à la fois comme le premier film parlant de l'histoire du cinéma mais aussi comme le premier film musical. On y voit le chanteur Al Jolson qui est un blanc grimé en noir (Minstrel). Déjà une récupération du pouvoir blanc sur le jazz...
 
Je vous invite à découvrir un extrait du film "New Orleans" réalisé par Arthur Lubin (1947) qui met en scène de manière "respectueuse" des musiciens noirs. Ici, le trompettiste Louis Armstrong avec la majestueuse Billie Holiday.
 
Enjoy !
 
https://www.youtube.com/watch?v=gLHCR0OTqhs
7 avril 2020 - Ce n'est pas ce que l'on joue qui est important mais la manière dont on le joue" (Louis Armstrong) - suite 2

Chers tous,

Dans la série "Ce n'est pas ce que l'on joue qui est important mais la manière dont on le joue" (Louis Armstrong), j'ai le plaisir de vous proposer 4 morceaux, tous en provenance du répertoire de la pop music et interprété ici dans un pur esprit jazz. Une des raisons qui pourrait expliquer la longévité du jazz est sans doute là. Comme une éponge, le jazz s'est toujours imprégné d'autres influences, les plus diverses : musique classique, musiques du monde, chansons, folklores, rock, etc.

Bonne (ré)écoute ou découverte.

Il y en a des milliers d'autres que je vous laisse découvrir.


6 avril 2020 - Jazz au Vatican

Chers tous,

En ce temps pré-pascal où les rassemblements sont toujours interdits, il me semble insolite de revenir sur un mini concert que Michel Petrucciani a donné en 1997 devant Jean-Paul II, Chef d'Etat du Vatican.

https://www.youtube.com/watch?v=OsFiC9nIp4c

Pour mémoire, le regretté Michel Petrucciani avait donné un concert solo exceptionnel à La Louvière (1994), interprétant durant 1 h 30 un medley de thèmes de Duke Ellington. La classe !


5 avril 2020 - Stan Brenders

Chers toutes et tous

Aujourd'hui, j'ai le plaisir de vous relayer un film sur l'histoire du jazz en Belgique, plus particulièrement sur le choix difficile (ou pas) que des musiciens ont fait durant la seconde guerre mondiale; à savoir jouer (ou pas) pour l'occupant. On y voit les débuts de la création de l'INR (ancêtre de la RTBF, locaux actuels de Flagey) et la mise en place du premier orchestre de la radio, dirigé par le pianiste Stan Brenders, dont son piano est toujours utilisé lors des concerts à l'Archiduc (rue Antoine Dansaert) qu'il a occupé jusqu'à sa mort.

Disponible gratuitement sur Auvio jusqu'au 7/4/2020 https://www.rtbf.be/auvio/detail_manneken-swing?id=2618971&t=18

Le jazz sous le nazisme ou comment continuer à jouer une musique dite dégénérée.

Le 10 mai 1940, la Belgique est envahie par les armées allemandes. Le pays est placé sous administration militaire. Très vite, les matières culturelles vont représenter, aux yeux du régime nazi, un enjeu politique, "un moyen pour les Allemands de renforcer leur domination sur l'Etat belge, de montrer la supériorité des races dites germaniques et de promouvoir le message sur l'avenir de l'Europe". (CF. Christopher Brent Murray, historien et chercheur)

En ce qui concerne la musique classique, on constate peu de changement dans le répertoire de l'avant et de l'après-guerre. On note une domination des œuvres surtout légères, italiennes et françaises. Inutile de rappeler que le jazz, tout comme la musique atonale et la musique des compositeurs juifs, était considéré par les nazis comme Entarte Muzik (musique dégénérée). L'étude des œuvres mises à l'index au nom de la nécessaire épuration de la vie culturelle allemande montre qu'au-delà du rejet de la modernité, tous les styles étaient concernés, l'origine raciale de leurs auteurs constituant en réalité un critère surévalué.

A Bruxelles, les musiciens ont un statut précaire pendant l'Occupation : ils circulent entre le music - hall et les cabarets, ils travaillent dans plusieurs lieux. Ils doivent souvent exercer d'autres emplois pendant la journée. Ils ne bénéficient plus de la couverture syndicale comme avant la guerre. Pour les musiciens, il faut donc continuer à vivre tout en continuant à pratiquer coûte que coûte sa passion : jouer du jazz.

Les orchestres de jazz jouent de la musique européenne, mais le répertoire étant limité, beaucoup de musiques américaines resteront au programme. L’astuce, bien dans l’humour belge, sera de faire croire aux allemands, en francisant les titres, qu’il s’agissait de chansons belges.

Ainsi :

  • Night and Day” devient “Nuit et Jour
  • Sweet Georgia Brown” deviendra “Douce Georgette
  • "St Louis Blues"  : "La tristesse de St Louis"
  • "Idaho" : "Vous avez un beau chapeau madame" (Indicatif de la Troisième oreille de Marc Danval)
  • Et le meilleur pour la fin : "Lady Be Good " : "Madame soyez bonne ou… Les Bigoudis"
  • "It had to be you" : "Il tâte son bignou"
  • "Body and soul"  : "Boudin et sauce"

Pas tout à fait dupes, mais conscients, tout comme les gangsters, que le maintien des orchestres étaient important pour la qualité de leurs sorties nocturnes, des officiers allemands iront même jusqu’à procurer régulièrement des enregistrements de la radio américaine, pour que les musiciens puissent enrichir leur répertoire.

Le jazz, considéré par les nazis comme une musique "négro-judéo-anglo-saxonne”, aura paradoxalement connu, grâce à ces pseudo subterfuges, un grand succès sous l’Occupation.

Après quatre années de privations, la population allait revivre et les musiciens connaître une période de plein emploi grâce à la liesse de l’après-guerre. Allait pourtant s’ensuivre une sorte d’épuration pour des musiciens, considérés, si pas comme collaborateurs, comme sympathisants du régime fasciste. 20 % d’entre eux seront exclus de la radio, d’autres suspendus.

Aujourd’hui encore la question de la culpabilité de ceux qui ont joué au rythme des nazis reste une question. On a relevé beaucoup d'inégalités dans les sanctions, dues à la précipitation, au manque d'organisation, aux contraintes budgétaires : une manière de faire des économies a consisté à remplacer des artistes qui coûtaient chers par des disques... et le prétexte fût tout trouvé !


4 avril 2020 - "Dans le jazz, ce n'est pas ce que vous jouez qui compte mais la manière dont vous le jouez". Louis Armstrong

Chers tous,

J'espère que vous allez confinement bien.

Sujet du jour : "Dans le jazz, ce n'est pas ce que vous jouez qui compte mais la manière dont vous le jouez". Citation attribuée à Louis Armstrong dont Richard Rousselet fait souvent référence (merci à lui).

Il y aurait bien entendu beaucoup de matière à développer sur le sujet. L'un des ingrédients principaux constituera à amener dans ce que l'on joue la notion de swing, c'est à dire une certaine idée, propre à chacun, du balancement. Le swing est très loin des notions théoriques de la musique comme le solfège. C'est "tout simplement" une manière de faire danser une phrase musicale, quelle qu'elle soit. Ainsi, le feeling personnel de chaque interprète sera déterminant.

Un exemple ? Voici un court extrait d'une master class de Wynton Marsalis à Marciac en 2007. Il concrétise ce qui est dit plus haut sur... Happy Birthday. https://www.youtube.com/watch?v=_Amwq43-lrM

Bon week-end !


3 avril 2020 - Brad Mehldau

Bonjour à tous, chers confinés,

Aujourd'hui, j'ai décidé de vous parler d'un très grand pianiste actuel : Brad Mehldau. D'abord formé à la musique classique, il découvre le jazz à 12 ans par l'écoute du quartet de John Coltrane dans lequel le pianiste n'était autre que McCoy Tyner, disparu récemment. Il poursuivra ensuite sa formation au sein de la prestigieuse Berklee School à Boston. Il y rencontrera le saxophoniste Joshua Redman avec qui il aura une collaboration privilégiée durant plusieurs années.

Brad Mehldau est à la fois un grand improvisateur et un musicien très intéressé par les formes et les structures. Joshua Redman dit de lui : « Personne ne lui arrive à la cheville. Je n'ai jamais travaillé avec pianiste qui ait plus de groove [the hardest grooving piano player], et son incroyable sens de la mélodie fait qu'on a l'impression qu'il chante quand il joue ». Amateur de poésie de philosophie, il se considère lui-même comme un musicien romantique. Il est connu pour écrire de longs textes, pour les pochettes de ses albums, citant par exemple, Goethe, Nietzche ou Schopenhauer.

Vous pourrez le découvrir facilement sur le web. Pour ma part, 3 albums sont incontournables :

Introducing Brad Mehldau : https://www.youtube.com/watch?v=xLt0YvvQRm8&list=OLAK5uy_lPoW8n7hfpNDV8EDjS3gtbWLPNTPRbRR0
Largo : https://www.youtube.com/watch?v=a8XRdY-JQnA&list=PLiN-7mukU_RFFXYplbKvawHTAE5NimDtg
Joshua Redman live in Marciac : https://www.youtube.com/watch?v=wZSdbUsH_7w&t=170s

Pourquoi je vous parle de lui ? Parce que France Culture vient de lui consacrer une interview fleuve où il se raconte. Sa jeunesse, ses doutes, ses questions et réflexions... Tous ces moments intéressants, dont le début de sa carrière, sont ici :

https://www.francemusique.fr/emissions/open-jazz/rediffusion-brad-mehldau-1-10-les-vertes-annees-81613?fbclid=IwAR09E9cozPnaToUbzyf-wAbokqokzRooYL4ANIGS1bA9WTLAaWK6Z4lqumI

Bon confinement.

A demain.


2 avril 2020 - Jazz & Covid 19

Hello Chers Confinés,

Je profite du confinement pour vous transmettre quelques nouvelles du jour, en liaison avec la musique et peut-être la philo...

Amicalement

Les bonnes...

Confinement oblige, quelques grands musiciens nous font l'honneur de partager leurs moments ou conseils. Ainsi, ce 2 avril à 15 h (heure new-yorkaise, soit 9 h ici) le saxophoniste Joe Lovano propose une master class gratuite sur son site. Je suppose que celle-ci sera disponible en ligne plus tard. https://www.livefromourlivingrooms.com/ Depuis plusieurs années, le grand et formidable Wynton Marsalis dirige le Jazz Lincoln Center Orchestra qui, plus qu'un big band", est une école de jazz et aussi un centre de recherche sur l'histoire et l'apport de la culture noire dans la civilisation américaine. Pour info, c'est la structure s'occupant de jazz qui est la plus subventionnée au monde et ce, dans une volonté de reconnaissance et de "pardon" des pouvoirs en place, majoritairement blancs si ce n'est Obama. Dès lors, ils ont à cœur de revisiter l'ensemble du répertoire jazz depuis ses origines en les mettant au goût du jour tout en respectant la tradition. Depuis quelques jours, ils rendent public quelques concerts dont celui-ci dans leur salle new-yorkaise : le Jazz Lincoln Center. C'est comme si vous y étiez...

https://www.youtube.com/watch?v=IxUu8ZjH8H8&utm_source=wordfly&utm_medium=email&utm_campaign=MKT20Marchall-subscontentnewsletter%233&utm_content=version_A&promo=

Les mauvaises...

Le Covid 19 n'épargne pas les jazzmen. Ellis Marsalis (pianiste, père du précédent), Wallace Rooney (un de mes trompettistes préférés, le seul qui fut "mentored" par Miles Davis), Bucky Pizzarelli (Guitare) et Manu Dibango (Sax pas tout à fait jazz mais qui a quand même travaillé avec Herbie Hancock et avec qui j'ai eu le plaisir de jouer l'une ou l'autre fois) nous ont quittés, tous victimes de complications liées au Covid 19.

Paix à leurs âmes. RIP.

A demain pour d'autres news


Les CD's du West Music Club peuvent être commandés ici :

Live CD1 (2005)  Live CD2 (2005)  Natural (2013)
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